Le goût de l'appareil photo

Publié le par Cyber@rchiviste

Le réflexe "zapping" tend à s'imposer dans nos salles de lectures !
Le document devient parfois un fichier numérique, sans odeur ni substance.

Le dépouillement patient d'une liasse, le plaisir de tourner une page, la compréhension d'un dossier par sa structure sont en voie de disparition.

Nous voilà à l'ère de l'appareil photo numérique qui a tendance à remplacer l'oeil du lecteur !

Prises de vues à la chaîne, moins de méthode dans le dépouillement, restitution dans le désordre des fichiers et donc de l'ordre du dossier originel... le résultat est souvent biaisé.

A tout vouloir reproduire, en se disant que l'on examinera patiemment les informations recueillies plus tard au calme, on se perd dans la masse d'informations récoltées...

L'archive est consommée mais encore faut-il savoir la digérer !

Certes, vous me répondrez que les centres d'archives eux-mêmes ont cedé à ce mode de reproduction et de diffusion des documents, surtout pour l'état-civil largement numérisé par les Archives départementales mais les raisons sont quelque peu différentes. La numérisation des registres d'état-civil permet de désengorger les salles de lecture, de renoncer aux microfilms dont la consultation est moyennement aisée et coûteuse et de rendre possible l'accès aux documents aux personnes qui ne peuvent pas se déplacer.

Mais que reste-t-il du goût de l'archive, de ces petites manies du lecteur qui veut toujours la même place, des doigts effleurant le papier et des yeux se fatiguant à déchiffrer une écriture difficile, comme l'a si bien décrit Arlette Farge dans Le goût de l'archive ?

"Été comme hiver, elle [l’archive judiciaire] est glacée ; les doigts s’engourdissent à la déchiffrer tandis
qu’ils s’encrent de poussière froide au contact de son papier parchemin ou chiffon. Elle est peu
lisible à des yeux mal exercés même si elle est parfois habillée d’une écriture minutieuse et régulière.
La surprise est totale, la lecture difficile, impossible même : les yeux ne servent à rien; pour parvenir
à déchiffrer, il faut prononcer à mi-voix, chuchoter ces morceaux écrits. Cela en pleine salle
de lecture, dans l’habituel silence qui sied à ces endroits".

Je noircis un peu le tableau, car tous les lecteurs n'ont pas cédé au réflexe appareil photo mais reconnaissons que c'est une tendance qui s'impose dans nos salles de lecture, sans vouloir stigmatiser aucune catégorie particulière de lecteurs.

Dans la pratique, cela doit nous rendre, nous archivistes, encore plus vigilants en matière de communicabilité des documents.
Un document incommunicable qui tombe sous l'objectif d'un lecteur adepte d'Internet a vite fait d'être diffusé dans le monde entier.



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P
Sympa ton article!<br /> <br /> Je suis tombé par hasard dessus!<br /> <br /> Moi j'ai craqué il y a trois semaines, et j'ai commandé mon Canon EOS 1000D grace à un comparateur de prix d'internet http://www.twenga.fr/dir-Photo,Appareil-photo-numerique<br /> <br /> Bonne chance pour ta quête d'argent!<br /> <br /> Bonne journée
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J
Le vrai problème du document numérique c'est qu'il ne fonctionne pas sans dispositif de lecture, contrairement à notre bon vieux papier.
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