Les leçons de Cologne ... De l'importance du conditionnement.

Publié le par Cyber@rchiviste

C'est la rentrée, revenons aux choses sérieuses ! L'insouciance estivale est terminée, les services d'archives se repeuplent et les projets en suspens reprennent. J'ai donc décidé, pour coller à l'ambiance, d'évoquer un sujet plutôt sérieux.

Après une mission d'une semaine à Cologne, voici quelques leçons que je pense pouvoir tirer de la catastrophe du 4 mars 2009.

Pour respecter mon engagement de discretion, je me contenterai d'évoquer l'importance du conditionnement des plans (type que j'ai traité) et quelques trucs basiques auxquels il faut penser. Je pense ne dévoiler ici que des leçons de bon sens.

Le bon conditionnement des plans s'est révélé extrêmement décisif pour leur protection lors de l'écroulement du bâtiment. Les bonnes boîtes à plans souples, type R2 d'Atlantis, se sont contentées de se déformer sans trop abîmer les documents alors que les rouleaux rigides en carton ont littéralement implosé et ont déchiqueté les documents qu'ils contenaient.
Mais ne nous leurrons pas, les plans roulés pas trop abîmés après l'écroulement ressemblaient tout de même au final à des crèpes ou à des triangles, avec des bords en choux-fleurs, selon le type de pression subi. Je ne pense pas qu'il y ait de conditionnement efficace face au poids d'un bâtiment qui s'écroule sur lui-même.

Ne parlons pas des meubles à plans suspendus ! Déjà en temps normal, c'est une calamité. Mais en cas d'écroulement, cela atteint un sommet.
En effet, les meubles à plans ont littéralement explosé lors de l'écroulement en dépit de leur solidité apparente. Les plans contenus dans les meubles ont été arrachés des tringles auxquels ils étaient suspendus, si bien que les analyses sont restées accrochées à ces tringles et que tout le reste des plans s'est affalé au fond, privé de tout élément d'identification, hormis le cartouche lorsqu'il y en avait un...

Les plans les mieux conservés sont ceux qui étaient conditionnés à plat, dans des pochettes cartonnées basiques. Mais ça, on l'aurait deviné. Rien ne vaut un bon conditionnement à plat, quelques soient les circonstances.

Autre leçon : le positionnement de la salle de lecture. A Cologne, elle se situait, heureusement au rez-de-chaussée, et a ainsi pu être évacuée rapidement. Si elle avait été au 5e étage, il n'en aurait sûrement pas été ainsi. Notons toutefois que les nouveaux bâtiments d'archives sont conçus de façon à séparer le public et les bureaux des agents des archives. Désormais, les salles de lecture ne sont donc plus susceptibles de se trouver au sommet d'un bâtiment.

Un truc basique : les inventaires sont des instruments très précieux, presque autant que les archives. Sans eux, il est impossible de reconstituer un fonds éclaté. Or, qui pense à placer une collection d'inventaires sur un site extérieur à celui des archives ? Certes, les inventaires  informatisés sont désormais susceptibles de se trouver sur des serveurs à l'extérieur du bâtiment, heureusement, mais il faut aussi penser à conserver une collection de doubles des inventaires papier !

Enfin, dernière chose : l'importance de disposer d'un moyen de communication centralisé. Eh oui, comment prévenir un magasinier qui travaille dans une pièce isolée phoniquement du reste du bâtiment, d'un danger imminent ?
Par un système de communication qui diffuse des messages dans tous les recoins du bâtiment.

Voilà, c'était mon petit bilan personnel de Cologne.
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Publié dans Lu-vu à l'étranger

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