"Tout objet peut-il devenir patrimoine ?"
A l'occasion des journées européennes du patrimoine, un article concis à lire dans Télérama, n° 3115 du 26 septembre au 2 octobre, pages 41-42, signé Luc LE CHATELIER.Il met en lumière le travail de l'Inventaire général du patrimoine culturel, et une question : que faut-il inventorier ?
Le propos rejoint l'un de mes précédents billets "L'excès de conservation du patrimoine nuit-il à la santé ? ".
Tout ce ramdam actuel autour du patrimoine me semble aussi dû à une réalité et à une prise de conscience de notre civilisation post-industrielle.
En effet, la crise (oui, encore elle !) a quasiment donné le coup de grâce aux outils de production de masse européens (industrie lourde, usines métallurgiques ) hérités des 30 Glorieuses qui n'étaient plus assez compétitifs par rapport au marché mondial.
Et nous prenons conscience que c'est tout un pan social et matériel de notre culture qui s'en va définitivement après une lente dégringolade depuis les années 1970-1980.
Alors comment inventorier et sauvegarder intelligemment les vestiges de ces outils de production, sans trop en faire ni en oublier ?
Quel intérêt y-a-t- il d'ailleurs à protéger une usine, une machine, une loco, un vestiaire... ??
Que représentent ces vestiges ? Lesquels sont représentatifs ? Lesquels peuvent être conservés sans s'avérer être des gouffres pour la société ?
Leur conservation est-elle un effet de mode ? Sommes-nous passés à une autre civilisation, à une civilisation occidentale sans outils de production d'objets manufacturés, avec une prépondérance du domaine tertiaire, des entreprises de recherche et développement ?
Ou alors la disparition de ces outils de production est-elle conjoncturelle, réversible? Va-t-on continuer à construire de grandes usines, dans lesquelles la chaîne est l'élément invariable ?
A méditer... comme je l'écris souvent à la fin de mes articles...
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