Cognac, l'été, la loi, le vrai monde du travail

Publié le par Cyber@rchiviste

Youpi, voilà la redoutée période des recherches de stages pour les étudiants suivant une formation en archivistique !

J'ai bien ri cet été en lisant les articles du blog de "L'affaire Makropoulos" intitulés "Chers stagiaires" et surtout "Chers stagiaires (2)"... ainsi que le récent débat du Forum DAF Yahoogroups (débat stage Cognac). Toutes mes pensées vont d'ailleurs à Morgane dont l'offre est tombée à un  mauvais moment, dans la torpeur de l'été, lorsque les querelleurs avaient le temps de décortiquer les messages du forum.

Je ne suis pas intervenue sur le forum car j'estime que c'est un débat qui tourne en rond depuis trop longtemps et que les protagonistes n'ont aucune conscience de ce qu'est le monde actuel du travail et des stages dans le cadre d'une formation universitaire. Mais il est inutile ici de revenir sur l'opposition Université/grandes écoles
qui offrent une insertion bien inégale sur le marché du travail, même si cela mérite d'être rappelé (oui, je sais concours  très difficiles etc etc.).


Ainsi, à partir de 2010, les administrations et établissements publics de l'Etat sont désormais dans l'obligation de rémunérer leurs stagiaires au-délà du deuxième mois consécutif !!! Mais, c'est une balle que le système éducatif se tire dans le pied, excusez-moi du peu !
Nous savons très bien comment cela se passe dans les collectivités et les entreprises : il n'y a pas d'argent pour les stagiaires et peu d'encadrants volontaires pour leur consacrer un temps.

Du coup, j'ai bien peur que les structures acceptant d'accueillir des stagiaires pour 4 mois soient très rares.
Et c'est bien dommage pour les formations en archivistique car j'estime que les stagiaires n'y sont vraiment pas les plus exploités en comparaison d'autres formations plus "rentables" (commerce, secrétariat
, droit, artisanat...).

Je m'explique : l'archivistique est une science basée sur de la matière concrète : le papier. Rien de plus simple pour vérifier qu'un stage a servi à former quelqu'un et n'a pas été un emploi déguisé.

Si vous avez classé 200 ml de sériel en 3 mois, là on peut se poser des questions, mais si vous avez mis en place des procédures, manipulé des documents dans plusieurs langues, ou sur différents supports, géré un projet d'un bout à l'autre, je ne vois pas où est le problème...

Les stages en archivistique se heurtent désormais à des règles pécuniaires qui ont été mises en place après des abus dans d'autres formations (même si les abus existent aussi dans notre profession, ne nous voilons pas la face).

Personnellement : j'ai effectué 3 stages, 2 stages de 3 mois dans un cursus et un d'un mois hors cursus. Jamais rémunérés sauf un dans le privé où l'on me payait la cantine.

J'ai pioché dans mes économies pour me loger et me véhiculer, j'ai refusé la facilité, je n'ai pas cédé aux sirènes des stages rémunérés justement pas assez formateurs, j'ai accepté que mon maître de stage soit très peu disponible, j'ai proposé des procédures, des idées et n'ai pas attendu qu'on me demande où j'en étais ni comment m'y prendre, j'ai été angoissée comme jamais à l'idée de ne pas finir ma mission, mais j'ai APPRIS et la connaissance, ça n'a pas de PRIX.

Je trouve navrant que les stagiaires soient désormais otages malgré eux d'une loi qui ne les avantage pas forcément. Alors oui, pour plaire à feu Pierre Bourdieu, cette loi met  (presque) sur un pied d'égalité les stagiaires, quelle que soit leur origine sociale et décourage les employeurs profiteurs. Les stagiaires les moins aisés auront moins (un tout petit peu moins, avec 398,13 euros on va pas loin) de difficultés pour réaliser leurs stages dans de bonnes conditions, pour se loger et se déplacer.

Mais au final, je me demande si le résultat n'ira pas dans le sens inverse  de celui souhaité : les collectivités et l'Etat n'attendront-ils pas un résultat concret de la part des stagiaires puisqu'ils sont désormais rémunérés ?  N'attendront-ils pas que ce stage rémunréré soit aussi l'occasion d'être un minimum profitable pour la structure ?

Je suis curieuse de voir si les étudiants en archivistique trouveront tous un stage rémunéré en 2010 pour 4 mois.

Inutile de préciser que sans stage, il est encore plus difficile de s'insérer dans le monde du travail ...

Pour ma part, j'ai renoncé à accueillir des stagiaires, non par manque de volonté de les encadrer mais en raison des nouvelles contraintes budgétaires imposées par la loi.

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Publié dans Humeur et actualité

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O
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L
<br /> J'aurai une lecture un peu plus optimiste de la situation. Le budget à prévoir pour un stage de 4 mois n'est malgré tout pas si important, même s'il est vrai qu'il faut le prévoir. Les étudiants de<br /> master sont en tout cas parfaitement au courant de cette évolution de la réglementation maintenant et tiennent à cette rémunération, même si elle est surtout symbolique : pour avoir diffusé une<br /> copie de mon offre de stage des années passées ne prévoyant pas de rémunération, un certain nombre de mails vigoureux m'ont fait remarquer fort justement qu'elle était illégale. Il serait<br /> intéressant néanmoins à la fin de l'année de voir si le nombre d'étudiants allant dans le secteur privé s'est accru notablement cette année parce que certains organismes, comme le votre peut-être,<br /> n'ont pas pu dégager les crédits pour ce type de stage au détriment d'autres priorités.<br /> Je vous rejoins entièrement sur un autre point : avec moins de 400€ par mois, on ne facilitera pas la mobilité géographique des stagiaires.<br /> <br /> <br />
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